Laissez-vous conter l’église Saint-Martin de Vertou

Exposition virtuelle

L’église Saint-Martin de Vertou, dont l’architecture est caractéristique du mouvement néo-gothique qui s’est développé en France au cours du XIXème siècle, a une histoire bien plus ancienne ! Nous vous proposons de la découvrir en images. 

Une église qui domine la ville

Le bourg de Vertou, situé sur une butte rocheuse, abrite l’église Saint-Martin.

Qui était saint Martin ?

Saviez-vous que Saint-Martin-de-Vertou est le nom de nombreuses églises dédiées à Martin de Vertou dans l'Ouest la France ? La première est évidemment celle de la paroisse de Vertou !

 Né à Nantes vers 527, saint Martin était un moine chrétien, nommé archidiacre de l'Église de Nantes par l'évêque saint Félix, qui était chargé de travailler à la conversion des habitants des environs de la ville. Il se retira dans une zone inhabitée de la rive droite de la Sèvre nantaise où il bâtit une église. Sa statue se trouve au-dessus de l’entrée principale de l’église.

L’histoire de quatre églises

La première église est donc construite par saint Martin lui-même en 575 en même temps que l’abbaye édifiée à proximité et consacrée en 576 par saint Félix.

En 840, les moines font démolir l’église jugée trop petite et peu esthétique et commencent à en bâtir une nouvelle mais la reconstruction est interrompue en 843 par l’arrivée des Normands. Le monastère  et cette seconde église en construction sont détruits.

Les moines reviennent à Vertou en 945 pour relever les ruines de l’abbaye  qui devient prévôté. La troisième église est reconstruite avec la particularité d’avoir deux clochers puisqu’elle a une double fonction d’église abbatiale et paroissiale. La Révolution et les Guerres de Vendée vont causer d’importants dégâts à l’édifice qui sera  brûlé le 17 septembre 1793. Restauré au début du XIXe siècle, une partie de la façade est refaite en 1850 et la nef allongée.

Trop étroite et vétuste, il est décidé en 1873 de remplacer l’église romane par un quatrième projet de construction. La bénédiction de la première pierre a lieu en 1875 et le chœur est achevé en 1876.

Comme une grande majorité des églises, celle de Vertou est dirigée vers l’Orient, c’est-à-dire que le chœur, là où se tiennent l’autel et le prêtre, se trouvent à l’est. Au sens strict, elle est donc orientée : elle regarde vers l’Orient, symbole du jour qui se lève et de la Résurrection. Constituée d’une nef et de deux bas-côtés à 6 travées, elle a une longueur totale de 60m pour une largeur de 24m. La hauteur des voûtes est de 20m et 21,50m au transept. L’ensemble donne l’impression d’une architecture en forme de croix latine alors que les bras du transept sont si courts qu’en réalité cet édifice est pratiquement rectangulaire, l’architecte ayant été gêné par l’existence du chemin de grande communication de Nantes à Clisson (actuelle rue Henri Charpentier).

Une architecture néo-gothique

 L’architecture est de style néo-gothique, mis à l’honneur notamment par l’architecte Viollet-le-Duc lors de la deuxième moitié du XIXe siècle. L’église Saint-Nicolas à Nantes est l’un des premiers exemples d’église néo-gothique en France et Saint-Martin-de-Vertou, bien que tardive, est considérée pour la période néo-gothique comme « l’un des aménagements les plus prestigieux du département » (l’Inspecteur des monuments historique au maire de Vertou, lettre du 20 juillet 1993). Les arcs-boutants et les voûtes sur croisées d’ogives témoignent notamment de ce style.

Le blason communal

Le blason de la commune figure sur le tympan de la porte rue Charpentier. On y distingue la fleur de Lys, l’hermine et un if. C’est en 1957 que le conseil municipal adopte le blason du chapitre Saint-Martin comme armes de Vertou. D’après la légende, saint Martin, alors sur le point d’effectuer son dernier voyage (vers Saint-Georges-de-Montaigu), planta son bâton de pèlerin au milieu de la cour de l’abbaye qu’il avait fondée. Ce bâton prit racine et devint un arbre magnifique, un if, qui vécut plusieurs siècles.

Le clocher

Le clocher est édifié en 1888. Il culmine à 67m et renferme les 5 cloches fondues dans l’atelier Amédée Bolée du Mans et bénites en 1890.

Les décors

Parmi les décorations sur les frises et têtes de piliers, on peut voir des feuilles de vigne et des grappes de raisin.

La chaire

La chaire de l’église de Vertou, longtemps restée démontée, a été redécouverte à l’occasion de travaux. Restaurée, elle a été exposée un temps au Louvre avant de retrouver sa place d’origine autour du pilier de l’église Saint-Martin-de-Vertou. Le travail d’ébénisterie est remarquable puisque cette pièce à la particularité d’être entièrement en bois.

Le ciborium

L’autel est original par son ciborium. Œuvre de François Bourgouin (architecte), il prend la forme d’un édifice gothique en pierre. C’est un exemple rare de retour à la forme médiévale.

Les vitraux

Les vitraux du transept relatent des évènements bibliques tandis que ceux du chœur illustrent la vie de saint Martin. Celui-ci représente l’envoi en mission par saint Félix de son jeune diacre, Martin, au Pays d’Herbauges.

Lexique

Abbaye : Communauté de moines ou de moniales gouvernée par un abbé ou une abbesse ; bâtiments abritant cette communauté. Une abbaye est un grand monastère placé sous la direction d'un abbé ou d'une abbesse.

Chaire : Tribune élevée où prend place le prédicateur, dans une église.

Ciborium : Baldaquin de pierre ou de métal, soutenu par quatre colonnes et surmontant un autel.

Monastère : Maison, régulièrement organisée, de moines ou de moniales ; bâtiments habités par ces moines.

Nef : Partie d'une église comprise entre le vestibule et la croisée du transept.

Prévôté : Lieu de résidence du prévôt, supérieur d’un ordre religieux dans l'Église catholique.

Transept : Nef transversale qui coupe la nef principale d'une église, formant ainsi une croix.