Visite de l’opération de restauration écologique du ruisseau du Breil

Retour sur la visite du site et des aménagements au Loroux-Bottereau

25 personnes, élus, techniciens, associations, se sont retrouvées le 21 novembre sur le site récemment restauré du ruisseau du Breil en amont des étangs des Grenouillères au Loroux-Bottereau. Au programme : découverte de l'opération de reméandrage (1) réalisée par le Syndicat Loire Aval (SYLOA) en partenariat avec la commune, et échanges sur ce projet de restauration écologique aux multiples dimensions, au travers des témoignages des élus et techniciens qui y ont participé. L’occasion aussi de revenir sur cette opération soutenue par le programme européen LEADER du Vignoble Nantais.

Cédric CEREZ, adjoint au maire en charge du développement durable au Loroux-Bottereau, a présenté l’opération, qui s’inscrit dans le projet d’ensemble de « coulée verte » lorousaine. Avec l’expertise et la maîtrise d’ouvrage du SYLOA, des aménagements ont été réalisés pour restaurer la continuité écologique du ruisseau et contribuer ainsi à la qualité de l’eau et à la reconstitution des habitats naturels favorables à la biodiversité. Fin 2021, le lit du cours d’eau du Breil a été remodelé sur 200 m en amont des étangs. Aujourd’hui, le ruisseau s’est réinstallé dans son lit d’origine en empruntant un cheminement plus naturel, davantage sinueux et propice aux débordements.

Les lieux ainsi restaurés font partie d’un itinéraire en cheminement doux tout au long du « vallon du Breil », lequel a été inscrit en « refuge ornithologique LPO ». La fréquentation du site à deux pas du centre bourg, en fait un excellent support pour la concertation citoyenne locale et l’appropriation des enjeux de préservation de la biodiversité.

Claudine LETOURNEUX, conseillère déléguée au dialogue citoyen, a témoigné de l’exercice pédagogique réalisé avec un groupe de citoyens volontaires pour réaliser les panneaux d’information implantés sur site. Ce travail participatif a suscité l’intérêt autour des questions et des enjeux écologiques et a aussi permis aux participants de comprendre le fonctionnement d’un cours d’eau et des habitats naturels associés. In fine, cela « a donné du sens » à des aménagements qui sinon, auraient pu être mal accueillis car ils bousculent les habitudes : cheminement modifié, inondations possibles et encouragées… « A prendre du temps en concertant, on en gagne dans l’acceptation du projet ! »

Thierry COIGNET, Vice-président du SYLOA et Jonathan THIERY-COLLET Animateur de bassin versant, ont présenté l’action du syndicat pour restaurer les ruisseaux qui alimentent le marais de Goulaine. Ils ont insisté sur le travail partenarial à mener en amont entre communes et syndicat pour identifier les zones prioritaires. A l’échelle d’un bassin versant, la priorité est d’intervenir sur les « têtes de bassin » et les différentes opérations ne sont efficaces que si elles sont bien articulées entre elles. Les modalités de travaux (reméandrage, plantations, reprofilage de berges…) sont discutées localement entre le SYLOA, les services de l’Etat et les communes, en tenant compte des plans locaux d’urbanisme, des projets communaux et des usages. Sylvain GRIVEAU de la police de l’eau (DDTM de Loire Atlantique), a rappelé tout l’intérêt d’associer en amont les services de l’Etat y compris lors de visites terrain : cela permet de s’assurer de la conformité règlementaire des projets, on gagne en qualité et en temps et cela permet d’éviter la dégradation des milieux par méconnaissance. Enfin, c’est la multiplication des espaces restaurés qui aura un impact bénéfique global sur la biodiversité et la maîtrise des inondations.

Les inondations, un « sujet » ! … et aussi quelques idées reçues, revisitées au fil des explications et des échanges. Comme l’a indiqué Jonathan THIERY-COLLET « l’inondation c’est le fonctionnement normal d’un cours d’eau ; c’est de cette façon qu’un cours d’eau régule son énergie et diversifie les habitats naturels et les espèces qui y vivent. Aussi, il nous faut trouver des secteurs où l’on peut tolérer des inondations ». Ce peut être sur des domaines publics comme le long du Breil, mais aussi chez des privés, par exemple des agriculteurs qui acceptent qu’une partie de leurs champs soient inondés quelques semaines par an et qui récolteront un meilleur fourrage pour les animaux lors des années sèches. En permettant des inondations naturelles autorégulées, on prévient les inondations dommageables sur les biens et les personnes dont l’importance s’est aggravée avec l’imperméabilisation des sols de nos villes et nos campagnes.

Lieu de promenade privilégié, le vallon du Breil ne nécessite plus d’entretien, si ce n’est via l’éco pâturage mis en place (moutons et ânes). Le Breil restauré illustre ainsi comment un cours d’eau peut retrouver sa morphologie naturelle, ses méandres et ses inondations, pour mieux réguler son énergie… et à terme fournir des habitats à des espèces fragilisées par l’urbanisation : le martin pêcheur et la salamandre tachetée seraient revenus : les services des espaces verts de la commune qui connaissent bien les lieux, les ont déjà vus !

 

(1) Le reméandrage consiste à redonner au cours d’eau sa morphologie naturelle, plus sinueuse, afin qu’il retrouve ses fonctions hydro-biologiques.

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